Témoignages sur imam Mouhamadou Sakhir Gaye

14 octobre 2020 à 10h45 - 426 vues

El hadji Papa NDOYE, l’interprète des poèmes d’imam Mouhamadou Sakhir Gaye

Article paru dans le N°7 de Waa SOODAAN de Décembre 2015

El hadji Papa Ndoye, chanteur émérite est le fils de Cheikh Ndoye, qui fut chauffeur de Seydina Issa Rouhou Lahi mais également un grand ami de Cheikh Djibril Gaye, le père de El hadji Sakhir.

C’est sa grand-mère maternelle Sokhna Khadidiatou Diop qui l’a amené chez Cheikh Djibril Gaye pour qu’il apprenne le Coran. C’était en 1946. « Avant son rappel à Dieu en 1957, il nous a mis en rapport avec son fils. A l’époque, j’étais au lycée Maurice Delafosse », se souvient-il. « Lors des enregistrements de ses poèmes à l’ORTS, c’est moi-même qui lui assurait les chœurs. Plus tard, il m’envoyait, en cas d’empêchement, chez Mada Seck interpréter ses poèmes »

« Oustaz Sakhir est un érudit. Il est allé au Maroc uniquement pour obtenir des diplômes certifiant ses connaissances. Du cycle secondaire, auquel on l’avait inscrit, il fut orienté vers l’université », ajoute Elhadji Papa Ndoye qui confirme les bonnes relations qu’il avait avec des chefs religieux comme Serigne Mansour Sy, Serigne Abdou Aziz Sy, Serigne Fallou Mbacké. A chacun d’eux, il a consacré un poème. « Tout ce qu’il a écrit en wolof, il me l’a donné pour que je le chante. Un jour, il m’a appelé et m’a dicté deux poèmes lesquels étaient dédiés respectivement à Seydina Mandione et à Seydina Ababacar. Ces deux poèmes, il les a remis à un de ses talibés vivant en Espagne qui a réuni 11 de ses œuvres dans un recueil intitulé Diiwaan et qu’il m’a par la suite remis. C’est lui qui a baptisés tous mes enfants. J’ai également donné son nom à plusieurs de mes enfants. Je lui ai aussi offert ma première calligraphie en arabe avant qu’il ne me confie toute la décoration de la grande mosquée de Yeumbeul ».

Au 5ème jour du mois de Safar 1378 (20 août 1958), il écrit Axirou Zamane. C’était durant la nuit de jeudi à vendredi. Au 71ème vers sur les 115 : Dieureudieuf Limamou Laay yow mi gnou xallal yoonou l’islam, xamal gnou Lahou miy ki yeyyo sabbal. Seydina Limamou apparut devant lui. Il répéta le vers une 2ème, puis une 3ème fois avant que ce dernier ne disparaisse. « Un jour que je lui chantais ce poème, arrivé au 71ème vers, il me demanda de m’arrêter. Il m’expliqua ce qui lui est arrivé avant de me recommander de répéter 3 fois le même vers chaque fois je le chantais ».

Propos recueillis par Sélou Laye BA

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