THIERNO MBAYE SYLLA FILS DU CHEF DE LA PRESQU'ÎLE DU CAP VERT

15 janvier 2020 à 19h00 - 1628 vues

Matar Sylla fut le plus grand chef religieux de son temps sur la presqu’île du Cap-Vert. Après avoir fait ses études au Cayor, il revient à Dakar vers 1780 et commence à enseigner le coran et la religion musulmane. Il construit la première mosquée de Dakar (celle de la rue Moussé Diop, ex rue Blanchot) par ses propres moyens et institue à la demande des lébous, un tribunal musulman. Il est ainsi proclamé premier grand imam et cadi supérieur (juge) de la presqu’île du Cap-Vert. Il occupe ses fonctions pendant 47 ans jusqu’à son rappel à Dieu en 1858.

Le 22 avril 1830, il est l’artisan principal du Traité signé avec CharlesAlexandre Hesse, Capitaine de Frégate Honoraire, Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, Commandant particulier de Gorée. Et ce, en présence de ses oncles Birama Ndoumbé Diagne e Médoune Mbengue.

L’objectif de ce Traité était de « faire disparaître toutes les causes qui pourraient altérer la bonne harmonie qui a toujours régné entre les habitants de l’Ile de Gorée et ceux de la Presqu’île du CapVert ». Pour atteindre « ce but désirable », il fallait faire « cesser le paiement des droits abusifs que l’habitude seule avait paru consacrer mais dont la justice réclamait l’abolition, pour ces motifs ».

C’est ainsi qu’il a été décidé, et ce, au nom de Charles X, roi de France et de Navarre, de ne plus faire payer « par les habitants de Gorée aux gens de Dakar aucune espèce de droits ou taxes pour l’embarquement des bœufs, bois à brûler, et tous autres approvisionnements provenant soit de la Presqu’île, soit de l’intérieur. Cette suppression de droits s’étend également à tous les bâtiments français qui embarqueraient des bœufs à la Presqu’île ».

Le Traité du 22 avril 1830 met en exergue que « le fourrage, le sable, l’eau, les pierres, etc. et tout ce qui appartient au sol sera payé comme par le passé par l’acquéreur de Gorée ou des bâtiments français au propriétaire sur la Presqu’île; mais une fois ce paiement effectué, il n’y aura plus d’embarquement, ces droits étant ainsi supprimés, comme injustes puisque les gens de Dakar n’en payant point à Gorée pour les objets, marchandises ou approvisionnements qu’ils achètent et qu’en général, ils commencent librement et sans être assujettis à aucune taxe» .

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