MAME SAMBA LAHI : Itinéraire d'un Compagnon de l'Imam al-Mahdi (psl)

25 février 2020 à 22h03 - 863 vues

La Communauté Ahlu Lahi va célébrer, le samedi 29 février prochain, Mame Samba Lahi, un des Compagnons du Messager d’Allah (psl). L’événement est annuel et a lieu devant le domicile de sa fille cadette Sokhna Coumba Diop Lahi, au cœur de la Médina. Un moment de communion où la vaste famille se retrouve pour écouter religieusement Serigne Cheikh Mbacké Lahi ibn Seydina Abdoulahi Thiaw Lahi, Khalif des Layènes.

Né vers 1853 dans le Gandiol, Mame Samba Lahi a grandi à Mpal, village situé à environ 35,5 km de Saint-Louis. Afin qu’il apprenne le Coran, ses parents l’inscrive dans un Daara, loin de la maison familiale. Et même du village natal. Au fil du temps, il est recueilli par une dame, commerçante de son état, en qui il voyait une maman. Notamment après que le Daara fut décimé par une épidémie de peste dont il fut, par la grâce divine, le seul rescapé.

Chaque année, pendant 7 ans d’affilé, le jeune pensionnaire du Daara voyait en songe Seydina Limamou Lahi assis sur une bascule en panne à l’intérieur de la gare ferroviaire de Saint-Louis. Sans savoir qui il était réellement. C’est beaucoup plus tard, alors qu’il avait commencé à travailler qu’il rencontra le Messager d’Allah (psl) qui n’avait pas encore lancé l’Appel révolutionnaire du 1er Châ’bane 1301 de l’hégire.

Ce jour-là, Mame Samba Lahi vit des personnes qui courraient. Ceux qu’il interpella lui dirent qu’ils allaient voir un « marabout » venu de Dakar. Il les suivit jusqu’à ce qu’ils gagnèrent la gare ferroviaire. Quelle ne fut sa surprise quand il aperçut Seydina Limamou Lahi, assis sur la même bascule qu’il avait vue dans ses rêves ! Il perdit aussitôt l’usage de ses jambes, tétanisé qu’il était par la surprise.

Seydina Limamou Lahi l’aperçut au loin et demanda à ce qu’on lui céda le passage pour lui permettre de s’approcher. Ce fut comme un signal de délivrance. Puisqu’il put enfin marcher. Dès qu’il arriva près du Messager d’Allah, il s’accroupit. Seydina Limamou posa alors sa sainte main droite sur sa tête et lui dit « Bathie Laay, joot na », à trois reprises. Incroyable, Seydina Limamou qui le voyait pour la première fois, l’a appelé de son nom. Emu, il leva la tête. Des larmes coulèrent de ses yeux. Comment le saint homme a-t-il fait pour connaître son nom ? Il n’eut pas le temps de lui poser cette question car Seydina Limamou lui demanda aussitôt de rester dans son fief du Gandiol jusqu’à ce qu’il envoie des gens le chercher.

Mais Mame Samba Lahi n’attendit pas tellement il voulait être aux côtés de Seydina Limamou. C’est ainsi qu’il rentra chez lui. Sa maman adoptive lui prépara ses affaires et des aliments et demanda à son fils de l’accompagner. Il arriva à Yoff, y resta une semaine durant. Le saint-Maître lui demanda de retourner chez lui dans le Gandiol et d’y attendre ses émissaires qui viendront l’y chercher. Ils rentrèrent donc à Mpal. Mais visiblement, Mame Samba Lahi ne pouvait y rester. Il revint, quelques temps après à Yoff. Seydina Limamou demanda alors à un de ses vieux fidèles du nom de Alassane Diop Yaafi Laye, du quartier Gouye Mariama d’héberger le « gandiolais ».

Mame Samba Lahi vécut avec la meilleure des créatures. Il a été témoin de bon nombre de ses miracles. En effet, quand l’Imam repoussa la mer, c’est Mame Samba Lahi et ce, sur ordre du saint prophète, qui l'accompagna en posant les " Salanes " qui allaient servir de limites à la nouvelle frontière tracée entre la mer et les habitations. Il s’éteignit à la veille de la Korité de l'an 1965 après avoir effectué sa prière du matin...

Sélou Laye BA

Article Paru dans le N°20 de Waa SOODAAN de Février 2018

Voir aussi

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article